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PIB - GDP

February 24th 2010 No Comments

Apprendre à trapper

Je suis tombée sur un article évoquant le mentorat d’affaires. Il appert que ce dernier « double le taux de survie des entreprises, qui passe alors de 34 pour cent à 73 ».  En temps de crise économique, cette démarche peut faire toute la différence.

Visiblement, Charmaine y croit aussi. Il y a quatorze ans, la journaliste d’expérience a pris l’apprentie reporter Nicole sous son aile. La vie étant ce qu’elle est, la roue tourne et c’est maintenant à Nicole de soutenir son mentor.

«Moi, c’est Claude qui m’a tout appris», lance la journaliste-pigiste Mariève Paradis. Elle parle de Claude Marcil, un recherchiste d’expérience qui pratique le mentorat à Montréal. Un des rares. Depuis environ 25 ans, il a accompagné pas moins de 100 à 120 jeunes journalistes dans le développement de leur carrière.

–    Pourquoi tu fais tout ça, Claude ?  Quand ils graduent, les finissants en communication sont prêts pour le marché du travail, non ?

–    Penses-tu ! On a déjà demandé à une finissante qui postulait pour un stage: où est Edmonton ? Elle a répondu: Je ne sais pas et de toute façon, je n’ai pas d’auto. On forme de très bons techniciens dans les écoles, mais on inculque très peu de culture générale et pratiquement aucune information sur le fonctionnement implicite du milieu.

Les codes du milieu. Parlez-en à Mariève. Voyant venir la fin d’un de ses premiers contrats comme recherchiste, la jeune diplômée avait paniqué, ne sachant trop comment faire pour trouver à nouveau du boulot. Qui appeler ? À quelle porte frapper? Une de ses amies l’avait alors référée à Claude Marcil.

« Il m’a aidée à intégrer un réseau [celui des "Marcilettes", qui regroupe toutes les journalistes que Claude Marcil a parrainées], à identifier mes forces et à me distinguer des autres, se souvient-elle. Il m’a mise au défi. Sans lui, je ne serais pas aussi confiante et proactive et je n’aurais sûrement pas la même vision du journalisme ».

« Les approches et les façons de travailler des salariés et des pigistes diffèrent complètement, explique Claude Marcil. Pour vivre de la pige, il faut que tu saches ce qui se passe dans le milieu et il faut que le milieu sache que tu existes. Le pigiste dispose souvent de plus de temps que le journaliste conventionnel, mais il doit le consacrer à trouver des sujets différents de ceux que couvrent les grands médias. Pour faire une analogie, le journaliste  est un chasseur et le pigiste, un trappeur. »

C’est pourquoi, selon le mentor, les reporters qui se voient catapultés dans la jungle de la pige, chaque mois un peu plus engraissée des mises à pieds survenues dans les grandes rédactions, peinent à se frayer un chemin. À moins que quelqu’un ne leur apprenne à poser des collets.

Annie Richer, recherchiste-rédactrice

Tags: billets français · news

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