fr Les camionneurs indépendants entest ennouveau nouveauennouveau test

PIB - GDP

November 2nd 2009 No Comments

Les camionneurs indépendants

Michel Patry

Michel Patry - Photo : Michel Patry

Michel Patry, chauffeur de camion depuis environ 30 ans, m’a donné mon cours de Camion 101 ce matin. Je l’avais appelé pour quelques informations entourant notre deuxième film sur les camionneurs. Passionné, il m’a parlé de son univers durant 40 bonnes minutes. Visiblement, lui–aussi  a un 18 roues dans le sang!

« Dans le camionnage, il y a trois types de conducteurs », ma-t-il dit. « Les camionneurs-propriétaires, c’est-à-dire ceux qui possèdent leur camion et qui sont complètement indépendants ; les sous-traitants, associés à un seul gros transporteur [comme Michel] et les gars qui travaillent auprès d’une compagnie dans le but de racheter le camion qu’ils opèrent.»

Or, depuis quelques années, la situation se fait de plus en plus difficile  pour les chauffeurs-propriétaires. On compte parmi eux beaucoup de nouveaux venus grâce, entre autres, à l’accès facile au crédit. « Des gars qui ne connaissaient rien au camionnage se sont considérablement endettés pour réaliser leur rêve : acheter un camion», raconte Michel.

Depuis une vingtaine de mois, la compétition exacerbée a provoqué une diminution des taux de transport de 20%. « Les gars n’hésitent pas à couper leurs prix pour décrocher une ride, explique Michel.  Il n’y a pas si longtemps, le trajet Montréal-Vancouver se vendait 4 $ le mile. Aujourd’hui, des gars font ça pour 1 $ le mile. Je ne comprends pas comment ils font pour arriver ! À ce prix-là, ils sont incapables d’absorber le coût des diverses assurances, de remplacement des pneus, d’entretien du camion et de l’essence. Rien qu’en essence, ça nous coûte 6 000 $ / mois.  Le prix du fuel est passé de 0.90 $US le gallon il y a 4 ans à  5 $US le gallon aujourd’hui. Souvent, ces gars-là, qui ne sont pas des administrateurs, ne sont pas conscients qu’ils sont en train de perdre de l’argent.  Ou, lorsqu’ils le réalisent,  ils vont essayer de décrocher le plus de contrats possible avant que la banque ne leur reprenne leur camion ».

Dans ce milieu de plus en plus précaire, la récession a porté un coup fatal. « Les entreprises produisaient moins et, de fait, n’avaient plus besoin de faire transporter autant de marchandises. Par exemple, avant, on pouvait faire 100 voyages  par mois pour Sony. Avec la crise, ce nombre a chuté de moitié. Ça, c’est sans compter le nombre d’expéditeurs qui ont fait faillite. Dès le début de la récession, les camionneurs les plus expérimentés se sont mis à manquer d’ouvrage et les nouveaux venus – ou ceux qui étaient moins  ferrés en matière d’administration – ont carrément dû se départir de leur véhicule ».

Annie Richer, recherchiste-rédactrice

Tags: billets français · news

0 responses so far ↓

  • There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.

Leave a Comment