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April 21st 2010 No Comments

Une véritable vocation

Nous lançons aujourd’hui une nouvelle histoire mettant en vedette Clem Tremblay, maire de Dalhousie, au nord du Nouveau-Brunswick. On dit de lui qu’il n’a pas la langue dans sa poche. De fait, dès le premier film, le réalisateur Paul Arseneau nous présente un être coloré, dynamique et qui se dévoue corps et âme envers ses concitoyens.

Des maires comme lui, j’ai eu l’occasion d’en « rencontrer » plusieurs par téléphone au fil de mes recherches – question de prendre le pouls de ce qui se passait dans les petits et moyennes agglomérations.

Je me souviens d’un échange qui m’avait particulièrement marquée.  Appelons-le Monsieur Mongeau. Il est maire d’un petit village d’environ 500 habitants, où le taux de chômage dépasse les 70%. La forêt, principale pourvoyeuse d’emplois, n’y fait plus vivre que de rares travailleurs. Plusieurs habitants occupent des emplois dans la grande ville d’à côté, située à quelques dizaines de kilomètres. Mais lorsque la crise a frappé, on les a invités à rester chez eux.

Le maire Mongeau se débat comme un diable dans l’eau bénite pour instiguer des projets de développement et pour attirer des entrepreneurs dans son tout petit coin de pays. Difficile. Il a toutefois réussi à persuader ses concitoyens d’ériger quelques infrastructures touristiques afin de profiter de la manne des voyageurs à l’affût de beaux paysages. Les résidents, épris de calme et de tranquillité, ne se sont pas laissé convaincre facilement, loin de là.  Le maire se croise les doigts pour que son orientation « tourisme » fonctionne. Pour le reste, les requêtes adressées aux divers ministères restent lettre morte.

Dans cette recherche de solutions, la proximité avec les concitoyens change la donne. « Un monsieur âgé m’a déjà appelé chez moi un 1er janvier à 23h car il voulait que j’aille le voir. Il m’a assuré que c’était urgent et important; j’y suis allé. Les gens ont de plus en plus de difficulté à payer leur compte de taxe. Je dois développer des stratagèmes pour les aider. Les gens me connaissent personnellement et ils s’attendent à ce que, comme maire, je les aide», dit monsieur Mongeau. Sans compter les guerres de clocher qui animent le village et qui obligent le maire à constamment marcher sur des œufs.

Mais il y a pire.

« On voit beaucoup de détresse et une réelle dégradation du tissu social, déplore monsieur Mongeau. Il y a deux ans, le village a connu une vague de suicides. Les femmes m’appellent, souvent en cachette de leur mari trop fier, pour savoir si je peux trouver un travail à leur époux, ou à tout le moins des petits boulots afin qu’il complète ses heures pour l’assurance-emploi. Les gens consomment beaucoup plus d’alcool et de drogue. C’est vraiment triste. On voit aussi davantage de violence qu’avant. Lors de la dernière campagne électorale, j’ai été agressé en pleine rue. »

Et vous, maire Clem ? Comment ça va chez-vous?

Réponse en images animées…

Annie Richer, recherchiste-rédactrice

Tags: billets français · news

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