Stuart a travaillé pour AbitibiBowater toute sa vie et il en était fier.
D’autant plus qu’après la fusion d’Abitibi Consolidated et de Bowater,
en 2007, AbitibiBowater est devenu un immense joueur de l’industrie
forestière sur l’échiquier international. Un géant canadien avec un
chiffre d’affaires de 9 milliards de dollars.
Les deux dernières
années ont été particulièrement difficiles pour l’industrie forestière.
Et, dans certains cas, la crise économique fut tout simplement le
dernier clou dans le cercueil de ce secteur d’activité en lui assénant
une diminution de production de 18%. Résultat : 200 moulins ont fermé et
50 000 travailleurs ont été licenciés.
La fermeture
d’AbitibiBowater, le principal employeur à Grand Falls-Windsor depuis
des décennies, a entraîné la mise à pied de Stewart et de 749 autres
employés. Dans une ville de 14 000 personnes, c’est une catastrophe.
Les villes mono-industriellesAu
XVIIIe siècle, plusieurs entreprises (surtout minières) ont mis sur
pied des villes qu’elles possédaient et administraient elles-mêmes pour
leurs propres besoins. Cette opération leur assurait une main-d’œuvre
fiable et compétente.
Cette façon de faire est rapidement
devenue obsolète dans la seconde moitié du XXe siècle. Toutefois, des
centaines de villes canadiennes sont toujours mono-industrielles et
dépendent principalement d’un seul gros employeur pour assurer leur
économie. Ainsi, trois-cents agglomérations au Canada (dont Grand
Falls_Windsor, Terre-Neuve et Labrodor) vivent essentiellement de la
forêt, celle-ci comptant pour au moins la moitié de leur
économie totale.
Selon
Ressources naturelles Canada, « le secteur secondaire des produits du
bois a pris de l’ampleur depuis quelques années, ce qui a fait augmenter
les retombées économiques sans aucune intensification de la récolte ».
Y aurait-il là une autre avenue possible pour ces villes qui peinent à
se remettre du déclin de l’industrie traditionnelle forestière ?
Quelques faits et statistiques :AbitibiBowater
•
À sa fusion en 2007, AbitibiBowater possédait 32 papeteries et 35
scieries situées essentiellement dans l'est du Canada et le sud-est des
États-Unis.
• Possède ou exploite 23 usines de pâtes et papiers
et 30 usines de produits du bois aux États-Unis, au Canada, au
Royaume-Uni et en Corée du Sud.
• Au 30 septembre 2008, AbitibiBowater avait des actifs de 9,9 milliards et une dette de 8,78 milliards.
• Emploie 16 000 personnes dans le monde. Plus de 9000 ex-travailleurs reçoivent une pension.
• Elle gère 35% des forêts publiques du Québec.
Et au Canada…
Le Canada est le plus grand exportateur de produits forestiers au monde. Les États-Unis restent son client le plus important.
En
2007, le Canada détenait environ 19 p. 100 du marché international de
fibres et de produits ligneux, mais cette part est en régression depuis.
De
1989 à 2007, la valeur des exportations canadiennes de produits
forestiers a fait un bond de 130 p. 100. En 2008, la valeur des
exportations diminuait de 6.8%.
Certaines des causes derrière le déclin de l’industrie forestière :
- Huard : La hausse du dollar canadien
- Bois d’œuvre
: Une baisse importante de la construction domiciliaire aux États-Unis
durant la récession. Or, le Canada exporte 80% de son bois d’œuvre vers
son voisin du sud.
- Papier journal : Diminution du tirage de certains journaux et disparition de certains hebdomadaires locaux.
- Pression : Sur le milieu forestier pour adopter des pratiques de développement durable.
L’industrie
forestière est le principal employeur au pays. Elle procure des emplois
directs et indirects à un million de personnes.
Sources : Radio-Canada,
The Canadian Encyclopedia.com, Association des produits forestiers du
Canada, Policynote.ca, Globe and mail, Ressources naturelles Canada et
Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier.