FORMÉTALChaque année, plus de 100 jeunes Montréalais
comme Benoît fréquentent les ateliers de Formétal pour apprendre un
métier. Formétal, c’est un petit bijou d’économie sociale. L’entreprise
fabrique des produits du métal. Sa main d’œuvre ? De jeunes décrocheurs
qui apprennent tranquillement à réintégrer le monde du travail et, dans
certains cas, la société.
Le rôle que joue Formétal auprès de
ses étudiants est de toute première importance, surtout par les temps
qui courent. En effet, les jeunes hommes constituent le groupe
démographique le plus touché par la crise économique. En juillet 2009,
71% des Canadiens qui avaient perdu leur emploi étaient des hommes; le
tiers d’entre eux n’avait pas 25 ans.
Un chiffre disproportionné lorsqu’on sait que les moins de 25 ans comptent pour 15% de la main d’œuvre au pays.
La crise a un sexeDans une étude réalisée pour le compte du
Canadian Centre for Policy Alternatives
(CCPA), Trish Hennessey et Armine Yainizyan déclarent qu’en matière de
chômage, le fossé entre les hommes et les femmes n’a jamais été aussi
grand depuis 1976, année où Statistique Canada a entrepris de colliger
de telles données.
Cette disparité entre les sexes s’explique
notamment par les nombreuses coupes enregistrées dans le secteur
manufacturier, composé d’une majorité d’hommes. Ainsi, en juillet 2009,
le secteur manufacturier avait perdu 215 000 emplois… sur un total de
370 000 mises à pied à travers le pays.
Toutefois, les auteurs de
l’étude prévoient que l’équilibre pourrait se rétablir si, comme le
croient les économistes, une seconde vague de pertes d’emplois survient
dans le secteur des services, investi principalement par les femmes.
Bien
des observateurs voient dans ce phénomène l’avènement d’une plus grande
égalité entre les sexes. Selon Reihan Salam, journaliste au magazine
Forbes et membre du groupe de réflexion
New American Foundation,
« le plus grand leg de cette récession n’aura pas été la fin de Wall
Street ou de la finance et encore moins la mort du capitalisme; ces
idées et ces institutions survivront sans peine. Par contre, on peut
certainement envisager la disparition du machisme ».
Quelques chiffres370 000 Canadiens ont perdu leur emploi entre octobre 2008 et juillet 2009, dont 245 000 Ontariens.
262 000 hommes ont été mis à pied durant cette période.
217 000 travailleurs du secteur manufacturier ont été licenciés durant cette période.
136 000 Canadiens de moins de 25 ans se sont retrouvés sans boulot durant cette période.
Sources : Statistique Canada
Foreign Policy, juillet/août 2009
Canadian Center for Policy Alternatives, 25 juillet 2009