Depuis quelques décennies, le milieu des médias canadien couve d’importantes transformations que la crise économique a précipitées.
- Depuis les années 1960, la concentration de la presse n’a cessé de s’accentuer au Canada.
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Si le lectorat des grands quotidiens décroît lentement mais sûrement
depuis les années 1970, il semble que l’arrivée de l'Internet ait
graduellement décimé les rangs des adeptes des formats papier. En effet,
la toile permet de consulter les journaux, magazines et blogues d’un
peu partout sur le globe et ce, gratuitement. De tous les médias, ce
sont les quotidiens qui ont connu la plus petite évolution des revenus
entre 1997 et 2006, avec un maigre 17%. À titre comparatif, les revenus
des entreprises en ligne augmentaient de 10 000%.
Internet gagne
donc des parts de marché et les annonceurs y sont de plus en plus
présents. Ainsi, les dépenses publicitaires pour Internet sont passées
de 237 millions de dollars en 2003 à 1,2 milliard $ en 2007. Cela s'est
fait au détriment de la presse écrite.
- Enfin, l’avènement
de la récession a contraint les annonceurs à sabrer de manière
importante dans les investissements publicitaires, laissant un imposant
manque à gagner dans les revenus publicitaires de la presse écrite.
Cela a à son tour précipité la fermeture de plusieurs grands titres aux
États-Unis. Au Canada, le groupe Canwest a dû, en 2009, se placer sous
la loi de la protection sur la faillite.
Quelques chiffres
Selon
un rapport publié par le Conference Board du Canada en 2009, « la
récession mondiale réduira probablement la production à valeur ajoutée
réelle dans le secteur culturel canadien d’environ 2,2 milliards de
dollars en 2009 ».
Le même rapport estimait que « les médias
écrits et la radiodiffusion, qui dépendent largement de la publicité
commerciale, devraient enregistrer une baisse de leurs revenus de 6,1 et
4,8 pour cent respectivement, en raison de la récession mondiale. »
En
2009, les journaux étasuniens ont enregistré une baisse de leurs
revenus publicitaires de 28% par rapport à l’an dernier. Les annonces
classées ont, quant à elles, vu leurs revenus baisser de 37,9 %,
résultat de la compétition que leur livrent des sites Internet tel que Craigslist.
Le
bureau de la publicité interactive du Canada nous apprend que tandis
que la presse écrite - surtout quotidienne - vit un passage vide, de
1997 et 2006, les revenus de la télévision ont augmenté de 54%; ceux de
la radio, de 64%; et ceux de l'Internet de 10 000%.
Sources :
Conference
Board du Canada; La Presse, 20 novembre 2009; Bureau de la publicité
interactive du Canada (via Radio-Canada, 26 janvier 2009).