Pour plus de contexte, lire le billet de blogue
Une véritable vocation, de la recherchiste-rédactrice Annie Richer
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Objectif: diversificationAvec le déclin de l’industrie forestière et la fermeture du moulin d’AbitibiBowater, le maire Clem entreprend de diversifier l’économie de Dalhousie, une ville mono-industrielle située dans le nord du Nouveau-Brunswick. Et il a bien raison ! Les villes et provinces ayant le mieux surmonté la récession sont celles ayant témoigné d’une économie diversifiée. À ce titre, voici deux exemples.
D’abord,
Sept-Îles (Québec). Située sur la Basse-Côte-Nord, Sept-Îles a longtemps vécu essentiellement de l’extraction du minerai de fer. La crise du fer des années 1980 a porté un dur coup à l’économie et au taux de chômage. « On a assisté à l’exode d’une partie de la population, relate Sylvain Larivière, conseiller au développement économique de la ville. Beaucoup d’immeubles étaient vacants et placardés. En plus de faire du lobbying auprès des gouvernements, il nous a fallu mobiliser les gens d’ici afin de dynamiser le milieu pour attirer de nouveaux investisseurs. Les résidents ont organisé des marches pour attirer l’attention des divers acteurs. »
L’urgence de diversifier l’économie se faisait d’autant plus sentir que les industries de la pêche et de la forêt perdaient lentement du terrain dans la région et, conséquemment, provoquaient de moins en moins de retombées pour Sept-Îles.
En 1992, l’aluminerie Alouette a lancé une première phase de développement qui a créé quelques centaines d’emplois. La deuxième phase, survenue en 2006, mettait sur pied 340 postes supplémentaires. En 2010, Alouette emploie 1000 personnes.
En 2009, le port de Sept-Îles a aménagé des infrastructures afin d’accueillir ses trois premiers bateaux de croisière [il en a reçu trois autres en 2010], afin de développer une industrie touristique. En 2010, le port et le gouvernement fédéral ont investi 10 millions pour moderniser le quai 31 du terminal Pointe-Noire dans le but de tripler le volume d’activité du port.
Sylvain Larivière affirme que la ville travaille aussi à mettre en place de multiples bleuetières, framboisières et fraisières et déploie des efforts à développer le secteur de la transformation.
« Et on essaie de doter notre cégep et notre centre universitaire de facultés de recherches », conclut le maire Serge Lévesque.
Thetford MinesC’est sensiblement la même histoire à Thetford Mines (Québec). La ville, qui vivait essentiellement de ses 9 mines il y a 40 ans, n’en possède plus qu’une seule. « À l’époque, tout le monde ici – soit plusieurs milliers de personnes - travaillait, de manière directe ou indirecte, pour les mines », rapporte Marc-Alexandre Brousseau, commissaire au développement économique du CLD de la région de Thetford.
Le déclin de l’industrie de l’amiante et la récession de 1990 ont décimé le nombre d’emplois dans les mines et provoqué une véritable saignée démographique.
« Un comité pour la diversification de l’économie s’est mis en place avec des gens provenant de tous les secteurs d’activité, explique M. Brousseau. Ces personnes se sont parlées et ont fait tomber les barrières corporatives : elles ne travaillaient plus pour le bien-être de leur entreprise, mais pour celui de la région. »
C’est ainsi que des centaines de très petites entreprises (TPE) ont vu le jour. « Ces entreprises ont cru et l’une d’entre elles est même devenu l’un des principaux employeurs de la région avec ses 300 employés, souligne M. Brousseau. La seule mine toujours ouverte emploie 400 personnes, mais continue d’embaucher. »
L’impact de la récessionÀ Thetford Mines comme à Sept-Îles, il semble que la récession ait eu un impact moindre.
« Ici, les entrepreneurs disent que la crise a passé le long de l’autoroute 20 sans s’arrêter chez nous, rit Marc-Alexandre Brousseau. On a certes expérimenté quelque ralentissement, mises à pied et travail à temps partagé, mais il n’y a pas eu de fermeture. Avant la récession, on faisait face à une pénurie de main d’œuvre, alors cela nous a permis de rééquilibrer un peu les choses. En 2010, le chômage doit être revenu à ce qu’il était avant la crise, soit environ 6% . L’activité a repris en grand. Il n’y a plus aucun local industriel vacant et la construction, résidentielle et commerciale, atteint des records. Notre prochaine mission : attirer davantage de main d’œuvre. C’est vraiment rendu difficile d’être défaitiste ici! »
À Sept-Îles, la crise s’est fait sentir davantage. « Ce sont surtout les PME au service de l’industrie minière qui ont été touchées et divers projets de modernisation qui ont été mis sur la glace, note Sylvain Larivière. Les ressources naturelles sont une part importante de notre économie, mais c’est très rare que le fer et l’aluminium soient au diapason. Quand l’un se porte mal, l’autre s’en tire généralement bien ».
« On a été affecté, mais la diversification nous a permis de garder la tête hors de l’eau. Le taux de chômage n’a pas excédé 9 %. N’eût été de l’aluminerie – dont la production n’a jamais fléchi - l’économie aurait été sérieusement attaquée», croit le maire. Dès septembre 2009, on parlait d’une reprise à Sept-Îles.