De valeur refuge à perte de valeur« La culture garde
toute son utilité en temps de crise. Quand tu as perdu ton travail,
c’est elle qui te ramène à ton identité et à ton droit d’imaginer et de
rêver. C’est essentiel! »
Louise Poulin, présidente d’ArtExpert.ca.
Christian
a toujours bien vécu de son art à Windsor, en Ontario. Mais depuis un
an, sa situation est devenue précaire. Et il n’est pas le seul : tout le
milieu des arts visuels – et son marché - a été gravement touché par la
crise. On a toujours vu les œuvres d’art comme étant des valeurs
refuges, mais pas depuis l’automne 2008.
Deux marchés, un même constatLe
marché des arts visuels se partage en deux : le marché primaire et le
marché secondaire. Le premier est exploité par les galeristes qui
vendent les œuvres des artistes qu’ils représentent. Le second concerne
la revente d’œuvres déjà existantes lors de ventes aux enchères.
Selon
l’agence Artprice.com, le marché secondaire a connu une baisse
importante après avoir atteint des sommets record en 2007 avec des
ventes aux enchères totalisant 57 642 612 $ au pays. En 2008, ce
produit descendait à 44 301 496 $; et le premier semestre de 2009 a
enregistré des recettes de 14 449 072 $.
Le nombre de
transactions a diminué de même que la valeur des œuvres vendues. La
valeur moyenne des œuvres haut de gamme, qui s’était extrêmement
appréciée tout au long de 2007, aurait été amputée de 30% entre novembre
2008 et le deuxième trimestre de 2009. La catégorie des œuvres de moins
de 5000 $, quant à elle, s’en tire avec un ralentissement beaucoup
moins marqué.
Bien que les propriétaires de galeries ne soit pas
tenus de dévoiler leur chiffres, le marché primaire semble aussi avoir
connu une tendance à la baisse. « Le marché a commencé à ralentir
l’automne dernier; l’hiver a été difficile pour plusieurs, révèle
Jean-François Bélisle, directeur général de l’Association des galeries
d’art contemporain (AGAC). À travers le Canada, plusieurs galeries ont,
soit fermé leurs portes (principalement à Toronto), soit elles ont pas
vendu d’œuvres. Heureusement, le milieu connait une embellie depuis le
début de l’été ».
.
Et les artistes dans tout ça? « Le milieu
artistique est un milieu résilient qui travaille toujours dans des
conditions de crise financière, croit Louise Poulin. C’est donc un
secteur qui a été un peu moins ébranlé en ce qui a trait à la création
et aux artistes eux-mêmes. L’artiste va toujours survivre à travers ça
».
Quelques faits et statistiques1/ Le Canada compte environ 17 000 artistes en arts visuels.
- Salaire moyen
- Danseurs : 13 167 $ par an
- Artistes en arts visuels : 13 976 $ par an
- Musiciens : 14 439 $ par an
- Auteurs et écrivains : 32 045 $ par an
2/ New York est le plus gros centre du marché de l’art au monde.
3/ On compte trois maisons de ventes aux enchères au Canada :
- Heffel Fine Art (Vancouver)
- Sotheby’s (Toronto)
- Waddington’s (Toronto)
Sources : Artprice.com et Cyberpresse