Immobilier : quand ça fait « boom »!
Les économistes et autres prospecteurs de bonnes nouvelles n’ont pas tardé à remarquer le rebond survenu dans le secteur immobilier. Après la chute vertigineuse qu’a connue ce secteur l’automne dernier, les ventes ont repris leur ascension, particulièrement dans les marchés de Toronto et de Vancouver.
Fossé entre les riches et les pauvres… et l’habitation
L’Association canadienne de l’immeuble avance que les ventes seraient mêmes historiques dans certains marchés-clés. En août 2009, on comptait 18.5% plus de transactions que l’année précédente. Le prix des demeures a également grimpé de 11.3% au cours de la même période.
Cependant, un boom immobilier ne signifie en rien que les Canadiens sont mieux logés. « La récente amélioration du marché creuse l’écart entre les mal-logés et les biens-logés », révèle Michael Shapcott, directeur de la section Logement abordable et innovation sociale au Wellesley Institute, un institut de recherche basé à Toronto.
Besoins impérieux en matière de logement
Les dernières recherches effectuées sur la difficulté de se loger des Canadiens remontent à 2006. Une étude démontrait alors que près de 1.5 millions de ménages avaient des « besoins impérieux en matière de logement ». Cette catégorie regroupe les familles nombreuses aux prises avec un logement trop petit, les gens occupant une habitation en mauvais état ainsi que les personnes devant débourser plus de 30% de leur revenu brut pour se loger.
Si on compte 2.9 personnes par ménage, on peut déduire que plus de 4 millions de Canadiens éprouvaient des besoins impérieux en matière de logement en 2006.
« Il est fort probable que la situation se soit aggravée durant la crise économique », croit Michael Shapcott qui ne tarit pas d’anecdotes recueillies auprès de divers organismes impliqués dans le domaine. « Et avec la spéculation qui fait exploser les prix à des niveaux d’avant la crise - et même davantage -, cela devient vraiment difficile pour les classes moyennes et défavorisées de se trouver un toit ».
Quelques faits et statistiques :
Rebond immobilier au Canada : selon l’Association canadienne de l’immeuble, 42 483 propriétés ont changé de main au mois d’août 2009 au Canada. Cela représente une hausse de 18.5% par rapport à l’année précédente. À titre comparatif, le nombre de transactions en janvier 2009 était descendu à 16 000. Des taux d’intérêts exceptionnellement bas de même qu’une confiance renouvelée des consommateurs expliquent l’emballement du marché.
Vancouver en tête : le marché de la revente de maisons à Vancouver a bondi de 117 % en août 2009 par rapport à l’année précédente. À titre comparatif, le marché immobilier de Toronto a connu une hausse de 27% au cours du même laps de temps et celui de Montréal, de 9%.
Construction de maisons : la Société canadienne d’hypothèques et de logement prédit qu’il se sera construit 141 900 nouvelles maisons en 2009 et qu’il s’en bâtira 150 300 de plus en 2010. Seulement en Colombie-Britannique, les prévisions tournent autour de 16 250 nouvelles constructions pour 2009 et de 22 000 pour 2010. En guise de comparaison, 34 321 nouvelles demeures ont vu le jour en 2008 en Colombie-Britannique.
Besoins impérieux en matière de logement : les plus récentes données indiquent que 13.7% des ménages Canadiens éprouvent des besoins impérieux en matière de logement. Cette proportion monte à 15.8% en Colombie-Britannique.
Disparités économiques et accès à l’habitation : D’après une étude du Wellesley Institute, l’élargissement du fossé entre les classes sociales suscite une insécurité croissante quant à la capacité à se loger. Si bien qu’un Canadien sur quatre éprouve maintenant une telle insécurité.
Sources:
L’Association canadienne de l’immeuble, Radio-Canada, Wellesley Institute et Société canadienne d’hypothèques et de logement