Bio ou conventionnel ?Le bio – ou l’agriculture certifiée biologique – est le secteur qui croît le plus rapidement de toute la production agricole canadienne.
Bien que la demande nord-américaine augmente d’environ vingt pourcent par année, le bio n’est pas devenu pour autant le Klondike des agriculteurs… « Plus risqué et plus difficile et coûteux à produire », diront certains fermiers.
C’est que le processus qui régit sa production est sévèrement réglementé par un cahier de charges contrôlé par organisme accrédité par le gouvernement du Québec. En gros, le producteur doit renoncer aux pesticides, engrais et fertilisants à base de produits chimiques (ce qui fragilise les plants face aux aléas de la météo) et bannir tous les OGM de sa ferme.
De plus, l’agriculteur – non-éligible à l’aide de l’État - devra observer une période de transition de trois ans avant de recevoir la certification bio qui fera office de valeur ajoutée lors de la vente de ses produits.
En contrepartie, « le producteurs bio reste davantage maître de sa mise en marché que le producteur traditionnel, explique Benoit Girouard, président de l’association Union Paysanne. Les coûts d’opération sont moindres parce qu’on utilise moins de machinerie lourde et moins d’intrants chimiques, et on profite d’une plus-value sur le prix qu’on reçoit pour nos produits ».
Bio ou local?
La production canadienne maraichère biologique ne pouvant répondre à la demande, les commerçants importent des denrées bio des États-Unis. Ainsi, 80% des fruits et légumes bio qui prennent place dans notre panier d’épicerie proviennent de chez nos voisins du sud.
Ce phénomène n’a pas manqué de soulever un autre débat chez les consommateurs : vaut-il mieux manger des aliments bio qui ont parcouru des milliers de kilomètres avant d’arriver sur notre table ou des denrées provenant de l’agriculture conventionnelle de la ferme du village voisin?
Quelques statistiques à se mettre sous la dent : - Certification : Au Canada, 0.9% des terres agricoles sont certifiées bio, soit 600 000 hectares sur un total de 68 millions. En 2008, le Canada se plaçait ainsi au sixième rang des 17 pays de l’OCDE en ce qui a trait à la superficie consacrée à la production agricole biologique.
- Croissance: Le nombre de fermes certifiés biologiques au Canada a enregistré une croissance de près
- de 60 % depuis 2001. En 2006, on en comptait 3 555, ce qui représente 1,5 % de toutes les fermes au Canada.
- Territoire: La majorité des fermes bio canadiennes sont situées en Saskatchewan (34%), au Québec (23%), en Ontario et en Colombie-Britannique.
- Produits : Le Canada produit principalement du foin bio ainsi que du blé, du durum et de l’orge certifiés biologiques.
- Exportations: Le Canada exporte 80% de sa production bio (principalement du blé, cultivé dans les Prairies), ce qui engendre des revenus de 18 millions de dollars par année. En 2008, 2400 fermes canadiennes couvrant au total 230 000 hectares contribuaient à ces exportations.
- Importations: Le Canada importe 80% de produits bio frais (fruits et légumes, majoritairement en provenance des États-Unis) et 90% des mets biologiques préparés que l’on trouve en épicerie.
- Demande: La demande pour des produits bio augmente d’environ 20% par année en Amérique du Nor
- Temps d’élevage requis pour rendre un poulet à terme : Agriculture conventionnelle : 7 semaines Agriculture biologique : 10 à 12 semaines
Sources :
Organic Farming, The Conference Board of Canada, 2009; Organic Farming in Canada: An Overview, Library of Parliament, 2004.