Mon nom est Bevan Jones
Date de publication : 5 mai 2010 - Morin Heights, Québec
Charles Ponzi est né en Italie en 1882, supposément d’une riche famille établie à Parme. Compte tenu de ce que sera sa vie par la suite, nul besoin de dire que certains remettent ses origines en doute.
Après un passage à Montréal, où il sera emprisonné pour avoir contrefait des chèques, il arrive à Boston en 1920. Il imagine alors une façon rapide de s’enrichir èa l'aide de coupons-réponses internationaux, soit des bons que l’on peut acheter à n’importe quel endroit sur la planète et que l’on envoie par la poste pour affranchir le courrier. À leur réception, le destinataire peut les échanger contre des timbres postes d’une valeur équivalente.
À l’époque, l’inflation est galopante en Europe. Aussi, les coupons-réponses n’ont-ils pas la même valeur selon l’endroit où on se les procure sur le globe. Charles Ponzi décide alors de tirer profit de ces écarts. Il fonde une entreprise d’investissement, la Securities Exchange Company et promet un retour de 50% sur l’investissement en 45 jours. La bonne nouvelle ne tarde pas à se propager et en quelques mois, le charismatique Ponzi devient un multimillionnaire célèbre.
Des journalistes trouvent cette affaire étonnante et parviennent à démontrer que Charles Ponzi ne peut pas être parvenu à un tel succès sans tricher. Il appert en effet que les placements n’engendrent aucun profit légitime et que les intérêts générés ne sont rien de moins que les sommes investies par les nouveaux venus. Ponzi est écroué durant plusieurs années. Déporté des États-Unis en 1934, le filou termine sa vie au Brésil, où il meurt dans la pauvreté en 1949.
Ponzi et la récession
Un stratagème à la Ponzi consiste à utiliser les investissements des derniers arrivés pour payer les dividendes des premiers investisseurs. Le système fonctionne tant que de nouveaux adhérents nourrissent la pyramide. Mais lorsque tous veulent retirer leurs billes, l’édifice s’écroule.
C’est ce qui a permis de mettre au jour les fraudes massives menées, entre autres, par Bernard Madoff aux États-Unis et Earl Jones au Canada. N’eût été de la crise et du désir soudain des gens d’encaisser leurs économies, ces arnaques auraient pu se poursuivre durant des années.
Ainsi, aux États-Unis seulement, 150 fraudes à la Ponzi – d’une valeur de 16,5 milliards - ont été détectées en 2009, une augmentation de 40% par rapport à l’année précédente. Des dizaines de milliers d’Américains ont vu leurs économies de toute une vie réduites à néant.
La US Securities & Exchange Commission, ce même organisme qui a récemment déclenché une enquête à l'endroit de Goldman Sachs, a accordé 82% plus de mandats de perquisition en 2009 qu’en 2008 en ce qui a trait aux stratagèmes à la Ponzi. Le nombre d’enquêtes quant à ce type de fraude est passé de 9% en 2005 à 21% en 2009.
Enfin, la Gendarmerie royale du Canada dispose d’équipes intégrées de la police des marchés financiers chargées d’enquêter sur la fraude financière. Au cours des dernières années, elles ont levé le voile sur d’importantes pyramides de Ponzi dont celle menée par Weizhan Tang, un homme d’affaires de Toronto accusé d’avoir détourné 30 millions, et une autre pilotée par le duo albertain Milowe Brost et Gary Sorenson, qui a volé plus de 100 millions en 10 ans.
Sources :
1. MSNBC: http://www.msnbc.msn.com/id/34612852
2. CBC: http://www.cbc.ca/money/story/2010/03/24/f-ponzi-faq.html
3. Zuckoff, Mitchell (2005), Ponzi's Scheme: The True Story of a Financial Legend
Hélène Choquette
Preneur de son
André Boisvert
Monteur
Miguel Raymond
Musique originale
Robert-Marcel Lepage
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Thème
- Aux États-Unis seulement, les stratagèmes de Ponzi
- mis au jour en 2009 ont délesté des dizaines de milliers
- de victimes de 16,5 milliards $US.
- Source : Associated Press

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