Les leçons de la lenteur
Date de publication : 8 octobre 2009 - St-Édouard, Québec
« La taille de l’économie mondiale est presque cinq fois supérieure à ce qu’elle était il y a un demi-siècle. Si elle continue à croître au même rythme, ce chiffre sera de 80 en 2100. »
- Tim Jackson
Avec leur refus d’agrandir leur ferme, les Gimenez sont peut-être des futuristes, si l’on se fie aux commentaires et publications lancés récemment par d’éminents experts. Selon l’économiste Canadien Peter Victor, « il est temps de reconsidérer l’idée voulant que la solution à tous nos problèmes tient dans la croissance économique ».
Cette déclaration fait écho à un rapport rendu par Tim Jackson, le Commissaire à l’économie affecté à la Commission sur le développement durable, mise en place par le gouvernement britannique. Dans ce texte, paru en 2009, M. Jackson évoque notre obsession de la croissance. Nous nous obstinons, selon lui, à rester cantonnés en marge des connaissances scientifiques indiquant la fin des ressources et le fragile équilibre sur lequel repose notre écosystème.
Pour les gouvernements des pays développés, le secteur des affaires et les traditionnels étalons de mesure économique tel le PIB, il n’y a qu’une avenue possible : celle de la croissance.
Pourtant, des études ont démontré qu’au-delà d’un certain point, la croissance n’entraîne plus un accroissement de notre bien-être. Passé un certain revenu – entre la moitié et les deux tiers de ce que gagne l’Étasunien moyen par année – l’augmentation de la richesse n’amène plus nécessairement une majoration du bonheur dans son sillage. Enfin, l’Indicateur de progrès véritable, un indicateur alternatif au PIB, démontre que si jusque dans les années 1970, le bien-être des Étasuniens augmentait avec le revenu, ce n’est maintenant plus le cas.
Ce qui fait dire à Tim Jackson qu’il y obligation, aujourd’hui, de remettre en question le fameux paradigme « Croissance = bien-être ».
La prospérité ne vient pas seulement de ce que nous accumulons, elle résulte aussi de la façon dont nous vivons ensemble, comme société. Selon Jackson, il peut sembler fantaisiste de croire que nous pouvons vivre mieux en consommant moins, mais l’idée vaut la peine qu’on s’y attarde, qu’on y réfléchisse. C’est le seul gage d’une longue prospérité.
Les Gimenez ont à coup sûr déjà compris cela.
Sources :
www.culturechange.org
Prosperity without Growth, Rapport by Tim Jackson (en anglais)
ContreInfo.info
Dominic Morissette
Entrevue
Hélène Choquette
Monteur
Miguel Raymond
Réalisatrice-coordonnatrice
Hélène Choquette
© 2009 ONF – Tous droits réservés

Cliquez ICI pour télécharger le plugiciel Flash.