De l'eau salée dans le sang
Date de publication : 22 octobre 2009 - Rivière-au-Renard, Québec
Le capitaine Jocelyn Jalbert le dit : dans le secteur des pêches, il ne faut pas avoir peur des crises. « Il y a des années ou tu peux être très rentable, mais il y a des années où tu peux être carrément déficitaire », dit-il, riche de ses 35 ans d’expérience.
La crise, les pêcheurs l’ont connue cet été. Si certains s’en sont mieux tirés que d’autres, les pêcheurs de crabes des neiges et de homards, eux, ont connu leur lot de difficultés.
Aux prises avec la récession et face à un dollar canadien fort, les États-Unis ont sérieusement diminué leurs importations de homards et de crabes des neiges.
De plus, le resserrement de l’accès au crédit engendré par la crise économique a privé plusieurs grossistes, restaurateurs et épiciers canadiens de marges de crédit indispensables à l’achat de grosses quantités de crustacés. Tout autant de petites bêtes, donc, qui n’ont pas trouvé preneurs.
Ainsi, en l’absence de ces marchés, le prix du crabe des neiges après capture est passé de 1,70 $ à 1,50 $ la livre et celui du homard, de 6,25 $ la livre à 3 ou 4 $ la livre. Même en renonçant à leur salaire – qui tourne aux environs de 35 000 $ par année – certains pêcheurs de homards ont jugé qu'ils ne parviendraient pas à couvrir leurs frais d’exploitation. Quelques-uns d’entre eux se sont même résolus à ne pas mettre leur bateau à l’eau.
La pêche au Canada
En 2004, le total des pêches commerciales au pays se répartissait comme suit :
Canada atlantique : 919 560 tonnes métriques (tm), d’une valeur totale de 1,9 milliard de dollars.
Canada pacifique : 196 766 tm d’une valeur de 344 millions de dollars.
Les principales espèces pêchées au Canada atlantique sont : le crabe des neiges (613 millions de dollars), le homard (589 millions de dollars), la crevette (248 millions de dollars) et le pétoncle (119 millions de dollars).
Le produit intérieur brut (PIB) total de l’industrie de la pêche fondamentale du Canada en 2004 représentait moins de 1% du PIB de l’ensemble du pays
Pour qu’un pêcheur d’expérience (lire : qui n’en est pas à sa première demande) ait accès à des prestations d’assurance-emploi, il doit accumuler des gains suffisants dans les 31 semaines précédentes. Ceux-ci sont déterminés selon le taux de chômage prévalant dans une région donnée. Par exemple, dans un endroit affichant un taux de chômage de 6% et moins, le pêcheur devra avoir gagné au mois 4 200 $ tandis que pour un taux de chômage supérieur à 13.1%, il devra faire la preuve de gains d'au moins 2 500 $.
Sources :
Pêches et Océans Canada ; Radio-Canada ; Alliance des pêcheurs professionnels du Québec.
Martin Girard
Monteur
Miguel Raymond
Réalisatrice-coordonnatrice
Hélène Choquette
© 2009 ONF – Tous droits réservés
Thème
- La pêche a été bonne ;
- c'est la récolte de poissons qui était mauvaise.
- -A.K. Best

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